19/09/2009

Anti-Semitism: foundation (and Gustave Doré, illustration)

0 Introduction

 

0.1 Foundation of racism and anti-Semitism

 

See :

http://arendt-antisemitisme-francais.skynetblogs.be

 

 

Albert Balèse, /Namur/ Des sentiments xénophobes, LB 11/04/2000

 

“L’idéologie raciste repose sur le postulat de l’inégalité des races.”

 

ARENDT Hannah, Le gouvernement totalitaire, p. 86-93, in : ÖZER Attila, L’Etat, Flammarion 1998

 

(p.92) Le totalitarisme, tel que nous le connaissons aujourd'hui dans ses variantes bolchevique et nazie, est issu de dictatures à parti unique qui, comme les autres tyrannies, ont employé la terreur comme moyen pour instituer le désert de l'absence de compagnie et de l'esseulement. Or, lorsqu'il est parvenu au calme bien connu qui est celui des cimetières, le totalitarisme, loin d'être satisfait, transforme aussitôt et avec une vigueur accrue l'instrument que constituait la terreur en une loi objective du processus. Dans les conditions qui sont celles du totalitarisme, la terreur ne se contente pas de survivre à toute opposition politique témoignée à celui qui dirige, elle s'accroît après qu'une persécution par­ticulièrement impitoyable a liquidé tous les ennemis, réels et potentiels. La crainte devient sans objet lorsque le choix des victimes se trouve entièrement libéré de tout rapport avec les pensées ou les actions des individus. Si la crainte est, sans conteste, la tonalité absolument domi­nante des pays totalitaires, elle ne peut plus servir de (p.93) guide pour des actions particulières : elle a cessé d'être un principe d'action. [...]

Pour insuffler le mouvement à un corps politique dont la terreur constitue l'essence, aucun principe d'action, emprunté au champ de l'action humaine - vertu, hon­neur, crainte — n'est plus utile ni nécessaire. Ce corps politique se fonde, au contraire, sur un principe nouveau qui, lui, fait entièrement litière de l'action humaine comme acte libre, et il substitue au désir et la volonté mêmes d'agir la soif de connaître la loi du processus selon lequel opère la terreur. Les êtres humains, pris ou jetés dans le processus naturel ou historique, à seule fin d'en accélérer le mouvement, ne peuvent être que les ins­truments ou les victimes de sa loi interne. Or, selon celle-ci, ils peuvent être aujourd'hui ceux qui procèdent à l'élimination des « races et des individus inaptes » ou « des classes vouées à disparaître et des peuples déca­dents » et, demain, ceux qui devront, pour les mêmes motifs, être eux-mêmes sacrifiés. Ce dont la domination totalitaire a besoin, en guise de principe d'action, c'est d'une préparation des individus qui les destine à remplir aussi bien la fonction de bourreau et celle de victime. Or, cette double propédeutique, succédané du principe d'action, n'est autre que l'idéologie.

 

LeJuiferrantGustaveDoré1862

 

(in: Le Juif Errant, by Gustave Doré, 1862)

20:34 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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