19/09/2009

History of racism: Pierre Salmon

SALMON Pierre, Le racisme devant l’histoire, Labor-Nathan, 1973

 

(p.18) Le terme ‘barbaros’ signifie à l’origine ‘non grec’, (p.19) mais après les guerres médiques, les Grecs se considérant comme supérieurs aux autres peu­ples, il prend le sens péjoratif que nous lui con­naissons. Au Ve siècle avant notre ère, pour Euripide, il est juste que les Barbares obéissent aux Grecs comme les esclaves aux hommes libres (12) — thèse qui est reprise au IVe siècle par Démosthène C3) et par Aristote (u). Pour Isocrate, entre Grec et Barbare, il n'y a pas moins de différence qu'entre l'homme et l'animal (15).

Cependant, les Grecs estiment que le genre humain est un et que les différences entre les peuples sont accidentelles (16). « Pour un homme bien né, écrit Démocrite, à la fin du Ve siècle avant J.-C., le monde entier est la patrie (17). » A la même époque, le sophiste athénien Anti-phon déclare : « Le fait est que, par nature, nous sommes tous et en tout de naissance identique, Grecs et Barbares ; et il est permis de constater que les choses qui sont nécessaires de néces­sité naturelle sont (communes) à tous les hom­mes … Aucun de nous n'a été distingué à l'origine comme Barbare ou comme Grec : tous nous respirons l’air par la bouche et par les narines.

 

(12) EURIPIDE, Iphigénie à Aulis, 1400-1401.

(13) DEMOSTHENE,   Troisième Olynthienne,  24.

(14) ARISTOTE,   Politique,   1,  1,   5.

(15) ISOCRATE,   XV,   293.

(16)Clr   O.   REVERDIN,   Crise spirituelle et  évasion,   dans En­
tretiens sur l'Antiquité Classique,  t.  VIII,   Grecs  et Barbares  (Ge­
nève, 1961),  p. 89.

(17)DEMOCRITE,   fragment   247   (Diels).

 

 

 

(p.22) Mais il faut se garder d’oublier que la société grecque repose sur l’esclavage. Aristote cherche à le justifier (…).

 

(p.25) (…) les Romains considèrent com­me Barbares ceux qui n'appartiennent pas au monde culturel gréco-romain. Certains auteurs latins insistent sur la sauvagerie des peuples barbares de Gaule et de Germanie ; ils mani­festent parfois une attitude intolérante en soulignant les différences des modes de vie entre Romains et barbares.

Par ailleurs, le mépris de la loi romaine et la xénophobie des Juifs provoquent dans l’Empire de vilentes réactions antisémites. Tacite, dans ses ‘Histoires’, attaque els principes religieux et les mœurs des juifs : « (…). (p.26) Ceux qui adoptent leur reli­gion suivent la même pratique, et les premiers principes qu'on leur inculque sont le mépris des dieux, le reniement de leur patrie et l'idée que parents, enfants, frères et sœurs sont des cho­ses sans valeur... Les pratiques des Juifs sont bizarres et sordides (ludaeorum mos absurdus sordidusque) (33). »

Le mode de vie des Juifs, basé sur un monothéisme absolu et l'observance de la Loi, tend à les isoler du milieu romain. On constate parfois chez les Romains des poussées d'anti­sémitisme virulent et chez les Juifs des manifestations de nationalisme xénophobe.

 

De part et d'autre, on fait alors preuve d'un acharnement atroce : si Titus ordonne la des­truction complète de Jérusalem en 70, lors de la révolte de Cyrène, sous le règne de Trajan, Dion Cassius raconte que les Juifs « égorgèrent les Romains et les Grecs, mangèrent leur chair, se ceignirent de leurs entrailles, se frottèrent de leur sang et se couvrirent de leur peau ; ils en scièrent plusieurs par le milieu du corps, en exposèrent d'autres aux bêtes et en contraignirent quelques-uns à se battre comme gladiateurs. »

 

(p.28) Au IXe siècle, les Juifs, assurés de l'appui des autorités musulmanes, se transforment de persécutés en persécuteurs : ils obtiennent que les chrétiens d'Espagne soient placés devant l'alternative du choix entre la mort et la conver­sion au judaïsme ou à l'Islam (40).

Dans les autres Etats chrétiens de l'Europe du haut moyen âge, l'Eglise catholique cherche à enrayer l'extension du judaïsme : elle se pré­occupe surtout des Juifs titulaires de fonctions publiques qui pourraient exercer des pressions pour obtenir la conversion de chrétiens à la religion juive. C'est pourquoi le 5e concile de Paris (614 ou 615) impose le baptême aux Juifs qui occupent des fonctions publiques ainsi qu'aux membres de leurs familles. De nombreu­ses lois sont également édictées pour empêcher les Juifs d'amener au judaïsme les esclaves et les serviteurs se trouvant sous leur domination.

(p.29) (…) en dehors de l’Espagne, la cohabitation demeure étroite, durant le haut moyen âge, entre uifs et chrétiens.

Tout change au début du XIe siècle. Des rumeurs concernant la responsabilité des uifs (p.33) dans la destruction de l'Eglise du Saint-Sépulcre à Jérusalem par les Musulmans en 1009 circu­lent en Occident. La persécution éclate en Fran­ce où les autorités civiles et religieuses décident d'expulser les Juifs de leurs cités. A Rouen, Or­léans et Limoges, la foule déchaînée se charge elle-même de faire justice! «Voués à la haine universelle, ils furent donc les uns expulsés, les autres passés au fil de l'épée ou bien noyés dans les fleuves ou tués d'autres manières en­core, sans parler de ceux qui se donnèrent eux-mêmes la mort. Les évêques interdirent aux chrétiens d'entretenir aucun rapport avec eux, sauf s'ils acceptaient le baptême et promettaient de répudier toutes les mœurs et coutumes jui­ves : en effet, beaucoup se convertirent, nous dit Raoul Glaber, mais bien plus par peur de la mort que par l'attrait de la vie éternelle. Car, souvent ils acceptèrent le baptême pour la forme uniquement et retournèrent assez vite, une fois la tourmente passée, à leur ancienne foi (42). » Cette persécution devait connaître d'atroces prolongements en Rhénanie, principa­lement à Mayence.

Dès le milieu du XIe siècle, le concile de Coyaza (1050), dans le diocèse d'Oviedo, inter­dit aux chrétiens d'Espagne d'habiter les mêmes maisons que les Juifs. Cette ségrégation imposée dans les lieux d’habitation est une lointaine préfiguration du ghetto.

(p.34) Les Croisades amenèrent la déterioration progressive de la condition des Juifs. Durant l’été 1096, on massacre des Juifs dans toute l’Europe . Pour eux, le choix est clair : le baptême ou la mort ! Et beaucoup préfèrent la mort ! (…)

Au XIIIe siècle, le Concile de Latran (1215) impose aux Juifs une discrimination vestimentaire par le pot d’un signe distinctif. En France, en Italie et en Espagne, tout Juif est contraint sous peine de fortes amendes ou de châtiments corporels de coudre sur son vêtement la rouelle (marque de forme circulaire et généralement de (p.35) couleur jaune). En Allemagne et en Pologne, tout Juif est contraint de porter un couvre-chef spécial, le chapeau pointu. Dans toute l'Europe, la condition des Juifs devient semblable à celle des serfs. « Les meubles mêmes du Juif sont au baron », dit un adage de l'époque. En 1235, un comte de Bourgogne sur le point de mourir n'hésite pas à distribuer à ses sujets les biens de ses Juifs (45).

La papauté s'efforce de faire respecter la vie et les biens des Juifs. Dans sa bulle du 17 janvier 1208, le pape Innocent III déclare : « Dieu a fait Caïn un errant et un fugitif sur terre, mais l'a marqué, faisant trembler sa tête, afin qu'il ne soit pas tué. Ainsi les Juifs, contre lesquels crie le sang de Jésus-Christ, bien qu'ils ne doivent pas être tués, afin que le peuple chrétien n'oublie pas la loi divine, doivent rester des errants sur terre, jusqu'à ce que leur face soit couverte de honte, et qu'ils cherchent le nom de Jésus-Christ, le Seigneur... (46). »

 

(45)  Cfr  B. BLUMENKRANZ,  op.  cit.,  p.  387.

(46)  (46) MIGNE,   P.L,  215,   1291,     190.  (Traduction  de   L.   POLIAKOV,  op.  cit., t.   I,   p. 262)  -  Cfr aussi   le  préambule qui   précède la  bulle  de  protection Sicut Judeis  du   pape   Innocent   III :   « Bien que l'infidélité  des  Juifs  soit   infiniment  condamnable,   néanmoins, ils   ne   doivent  pas   être   trop   persécutés   par   les   fidèles.   Car   le
psalmiste  a  dit :  Ne  les  tue  pas  de  peur que  mon  peuple  ne l'oublie ;  autrement  dit,   il   ne  faut  pas  détruire   complètement   les Juifs, pour que les Chrétiens ne risquent pas d'oublier la Loi, que
(ces Juifs)   inintelligents   portent   dans   leurs   livres   intelligents... »
Texte cité par L. POLIAKOV, Histoire de l'antisémitisme,  t.  Il,  De Mahomet aux Marranes (Paris, 1966), p. 306.

 

(p.37) En 1320, les paysans du nord de la France — les « Pastoureaux » — partent en « Croisade » dans le sud du pays pour y exterminer les com­munautés juives. Entre 1347 et 1350, on accuse les Juifs d'avoir provoqué la peste noire en empoisonnant les eaux et on les massacre par milliers. En 1394, les Juifs sont définitivement expulsés de France.

L'antisémitisme chrétien se cristallise en Occident à partir de la deuxième moitié du XIVe siècle. La réputation d'usuriers faite aux Juifs accroît encore leur impopularité. Toute la fin du moyen âge est remplie de massacres, de conversions forcées et d'expulsions de Juifs. Parqués dans des ghettos, dont les portes sont fermées le soir à clé, en marge de la société, traités en êtres inférieurs, soumis à la capitation, les Juifs sont persécutés dans toute l'Europe. Comme l'écrit Erasme, au début du XVIe siècle, « s'il est d'un bon chrétien de détester les Juifs, alors nous sommes tous de bons chrétiens » (50). Et Luther, en 1542, en publiant

Contre les Juifs et leurs mensonges, témoigne du même état d'esprit.

A la fin du XIVe siècle, des massacres de Juifs sont perpétrés dans la plupart des villes de l'Espagne. (…)

(p.39) Le préjugé de race et de couleur s'accroît considérablement avec la découverte de l'Amé­rique et celle de la route maritime des Indes par !e Pacifique.

(p.40) Une bulle du pape Nicolas V, en 1455, autorise ‘les Portugais à réduire en esclavage les sarrasins, païens et autres ennemis du christ et au sud des cas Bogador et Nen, y compris les côtes de Guinée, sous réserve bien entendu de convertir les captifs au christianisme. » On voit que le facteur religieux continue à être un des caractères essentiels du racisme européen. « Les Espagnols donnaient pour excuse des mauvais traitements infligés aux originaires d’Amérique et des Antilles le fait que ces derniers n’étaient pas des descendants d’Adam et Eve. »

Espagnols et Portugais exterminaient dès lors sans scrupules les Indiens qui refusaient de se convertir. (…)

 

(p.49) Urbain VIII (P. 1623-1644), un siècle plus tard, s'élève contre les mauvais traitements infligés aux Indiens d'Amérique et condamne à nouveau l'esclavage et le travail forcé.

Alexandre VII (P. 1655-1667), dans son Ins­truction à l'usage des vicaires apostoliques en partance pour les royaumes chinois de Tonkin et de Cochinchine délivrée en 1659, recomman­de aux missionnaires catholiques de se consa­crer à leurs fonctions religieuses et de ne pas s'occuper des affaires politiques et de l'adminis­tration civile. Par ailleurs, le pontife prescrit le respect des usages du pays : « Ne mettez aucun zèle, n'avancez aucun argument pour convain­cre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mœurs, à moins qu'ils ne soient évidemment contraires à la religion et à la morale. (…)

 

(p.56) Comme l’a démontré le professeur Toynbee, les protestants anglo-saxons, qui prennent la tête du mouvement colonisateur à partir du XVIIe siècle et dont la religion est directement inspirée par l’Ancien Testament, s’identifient avec Israël, le ‘peuple élu’, et exterminent impitoyablement les indigènes américains et australiens.

 

(.61) En 1715, Emmanuel Kant, dans son Mémoire sur les différentes races humaines, pense que le mélange des races provoque la diminution graduelle des qualités de l'espèce humaine. Il attaque également le néfaste « esprit judaïque ».

 

(p.64) Voltaire, dans son ‘Traité de métaphysique » (1734) se montre partisan de la supériorité des Européens, « hommes, écrit-il, qui me paraissent supérieurs aux nègres, comme ces nègres le sont aux singes et comme les singes le sont aux huîtres … »

Cet homme, qui n’a pas hésité à prendre des parts dans une entreprise nantaise de traite des Noirs – placement très rémunérateur à l‘époque – dénonce, néanmoins, dans ‘Candide’ (1759), les abus de l’esclavage chez les colons hollandais de Surinam : (…).

(p.66) Voltaire se révèle violemment antisémite dans son ‘Dictionnaire philosophique’. L’article « Juif » est, avec ses trente pages, le plus long du Dictionnaire. « Sa première partie (rédigée vers 1745) s'achève ainsi : ... vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent ; suit la fameuse recommandation qui dans un tel contexte pro­duit l'effet d'une clause de style : // ne faut pourtant pas les brûler (83). »

La correspondance de Voltaire confirme ses positions racistes. Relevons ce passage sugges­tif d'une lettre de Voltaire au chevalier de Lisle datée du 15 décembre 1773 : « ... Mais que ces déprépucés d'Israël, qui vendent de vieilles culottes aux sauvages, se disent de la tribu de Nephtali ou d'Issachar, cela est fort peu impor­tant ; ils n'en sont pas moins les plus grands gueux qui aient jamais souillé la face du globe (84).

 

(83)     Cité  par L.   POLIAKOV,  op.  cit.,  t.   III,  pp.  105-106.

Cité par L. POLIAKOV, op. cit., t.  III, pp. 106-107. - Profi­tons de l'occasion pour rappeler que Voltaire estime que la hiérar­chie des classes sociales est bienfaisante et qu'il faut se garder de développer l'enseignement des  classes  populaires :  « Il  me  paraît essentiel  qu'il  y ait des gueux  ignorants...  Ce  n'est  pas le ma­nœuvre qu'il  faut  instruire,   c'est  le  bon  bourgeois,   c'est   l'habi­tant des villes... Quand  la  populace  se  mêle de  raisonner,  tout est perdu... Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu'il   soit   instruit. »   (Lettre   de   Voltaire  à   Damilaville  datée   du 1er  avril 1766).

 

(p.75) L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert revendique l’égalité de tous les hommes, l’abolition de l’esclavage, de la tyrannie arbitraire du pouvoir judiciaire et de toute forme de contrainte. Il faut toutefois remarquer que ces revendications s’identifient avec les intérêts de la bourgeoisie. D’où leur caractère limité et parfois contradictoire. (…)

Ainsi, certains des leurs 200 collaborateurs ne professent pas toujours l’esprit de tolérance de Diderot et conservent souvent une attitude raciste envers les Noirs.

 

 

LES DOCTRINAIRES DU RACISME

 

(p.96)  Le philosophe J.G. Fichte glorifie la race germanique, quintessence de la race blanche :; en estimant que saint Jean doute des origines juives de jésus, il crée le mythe d’un « Christ aryen ».

Le grand philosophe allemand, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, considère les races de couleur comme inférieures et non évolutives ; il prône la supériorité des Germains sur les Slaves et les Latins ; (…). Il attaque les Juifs avec férocité : (…).

Vers 1845, Christian Lassen oppose les Aryens spérieurs aux sémites ingférieurs. « L’ethnocentrisme européen (p.97) qui dès le Siècle des des lumières avait faussé l'anthropologie naissante, s'exalte prodigieuse­ment à l'ère du romantisme et des nationalis­mes : il oriente la pensée des savants, et pré­side à la gestation de leurs hypothèses et de leurs classifications. C'est dans cette ambiance que s'élabore une tri-partition mystique : l'Aryen, ou le vrai homme, se définit aussi bien par rap­port au frère Sem, le Juif mi-homme, mi-démon, que par rapport au frère Cham, le Noir mi-bête, mi-homme (2). »

Le culte de la race germanique fait égale­ment son apparition en Allemagne au début du XIXe siècle. Ernst Moritz Arndt célèbre la race germanique — peuple élu de la Nouvelle Allian­ce — et la met en garde contre le mélange des sangs. Friedrich Ludwig Jahn se fait également le chantre du culte de la race germanique.

En 1850, Robert Knox, docteur en médecine, publie à Londres The Races of Men. Il estime que la race, c'est-à-dire la descendance héré­ditaire, marque l'homme. « Que la race décide de tout dans les affaires humaines, déclare-t-il, est simplement un fait, le fait le plus remarqua­ble, le plus général, que la philosophie ait jamais annoncé. La race est tout : la littérature, la

(2) L. POLIAKOV, Histoire de l'antisémitisme, t.  III, ftp. 330-331.

 

(p.105) En France, Pierre-Joseph Proudhon, dans Césarisme et christianisme, attaque les Juifs avec violence : « Le Juif est par tempérament antiproducteur, ni agriculteur, ni industriel, pas même vraiment commerçant. C'est un entre­metteur, toujours frauduleux et parasite, qui opère, en affaires comme en philosophie, par la fabrication, la contrefaçon, le maquignonnage. Il ne sait que la hausse et la baisse, les risques de transport, les incertitudes de la récolte, les hasards de l'offre et la demande. (…)

 

(p.106) Karl Marx, dans ‘La question juive’, cherche à cerner le fond profane du judaïsme : « (…) Le Juif s’est émancipé à a manière juive, non seulement en se rendant maître du marché financier, mais pare que, grâce à lui et par lui, l’agent est devenu une puissance mondiale, (…). »

(p.108) Richard Wagner oriente le racisme aryen vers le nationalisme. Son antisémitisme devient délirant : « Je tiens la race juive, (…) pour l’ennemi né de l’humanité et de tout ce qui est noble ; (…) ».

 

(p.109) Frédéric Nietzsche prône la volonté de puis­sance qui aboutira au mythe du surhomme ! Déjà Guillaume II, désireux de mettre la main sur les marchés d'Extrême-Orient, lance le mythe du « péril jaune ».

En France, les colonialistes proclament ou­vertement leur mépris à l'égard des peuples de ' couleur. « Je vous défie, dit Jules Ferry à la tribune de la Chambre en 1885, de soutenir jusqu'au bout votre thèse qui repose sur l'éga­lité, la liberté, l'indépendance des races infé­rieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (17). »

(p.180) La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée en 1948 par l'Assemblée Gé­nérale des Nations Unies, stipule que « chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamées dans la présente décla­ration sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de reli­gion, d'opinion politique ou de toute autre opi­nion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».

20:16 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.