19.09.2009

History of racism: Pierre Salmon

SALMON Pierre, Le racisme devant l’histoire, Labor-Nathan, 1973

 

(p.18) Le terme ‘barbaros’ signifie à l’origine ‘non grec’, (p.19) mais après les guerres médiques, les Grecs se considérant comme supérieurs aux autres peu­ples, il prend le sens péjoratif que nous lui con­naissons. Au Ve siècle avant notre ère, pour Euripide, il est juste que les Barbares obéissent aux Grecs comme les esclaves aux hommes libres (12) — thèse qui est reprise au IVe siècle par Démosthène C3) et par Aristote (u). Pour Isocrate, entre Grec et Barbare, il n'y a pas moins de différence qu'entre l'homme et l'animal (15).

Cependant, les Grecs estiment que le genre humain est un et que les différences entre les peuples sont accidentelles (16). « Pour un homme bien né, écrit Démocrite, à la fin du Ve siècle avant J.-C., le monde entier est la patrie (17). » A la même époque, le sophiste athénien Anti-phon déclare : « Le fait est que, par nature, nous sommes tous et en tout de naissance identique, Grecs et Barbares ; et il est permis de constater que les choses qui sont nécessaires de néces­sité naturelle sont (communes) à tous les hom­mes … Aucun de nous n'a été distingué à l'origine comme Barbare ou comme Grec : tous nous respirons l’air par la bouche et par les narines.

 

(12) EURIPIDE, Iphigénie à Aulis, 1400-1401.

(13) DEMOSTHENE,   Troisième Olynthienne,  24.

(14) ARISTOTE,   Politique,   1,  1,   5.

(15) ISOCRATE,   XV,   293.

(16)Clr   O.   REVERDIN,   Crise spirituelle et  évasion,   dans En­
tretiens sur l'Antiquité Classique,  t.  VIII,   Grecs  et Barbares  (Ge­
nève, 1961),  p. 89.

(17)DEMOCRITE,   fragment   247   (Diels).

 

 

 

(p.22) Mais il faut se garder d’oublier que la société grecque repose sur l’esclavage. Aristote cherche à le justifier (…).

 

(p.25) (…) les Romains considèrent com­me Barbares ceux qui n'appartiennent pas au monde culturel gréco-romain. Certains auteurs latins insistent sur la sauvagerie des peuples barbares de Gaule et de Germanie ; ils mani­festent parfois une attitude intolérante en soulignant les différences des modes de vie entre Romains et barbares.

Par ailleurs, le mépris de la loi romaine et la xénophobie des Juifs provoquent dans l’Empire de vilentes réactions antisémites. Tacite, dans ses ‘Histoires’, attaque els principes religieux et les mœurs des juifs : « (…). (p.26) Ceux qui adoptent leur reli­gion suivent la même pratique, et les premiers principes qu'on leur inculque sont le mépris des dieux, le reniement de leur patrie et l'idée que parents, enfants, frères et sœurs sont des cho­ses sans valeur... Les pratiques des Juifs sont bizarres et sordides (ludaeorum mos absurdus sordidusque) (33). »

Le mode de vie des Juifs, basé sur un monothéisme absolu et l'observance de la Loi, tend à les isoler du milieu romain. On constate parfois chez les Romains des poussées d'anti­sémitisme virulent et chez les Juifs des manifestations de nationalisme xénophobe.

 

De part et d'autre, on fait alors preuve d'un acharnement atroce : si Titus ordonne la des­truction complète de Jérusalem en 70, lors de la révolte de Cyrène, sous le règne de Trajan, Dion Cassius raconte que les Juifs « égorgèrent les Romains et les Grecs, mangèrent leur chair, se ceignirent de leurs entrailles, se frottèrent de leur sang et se couvrirent de leur peau ; ils en scièrent plusieurs par le milieu du corps, en exposèrent d'autres aux bêtes et en contraignirent quelques-uns à se battre comme gladiateurs. »

 

(p.28) Au IXe siècle, les Juifs, assurés de l'appui des autorités musulmanes, se transforment de persécutés en persécuteurs : ils obtiennent que les chrétiens d'Espagne soient placés devant l'alternative du choix entre la mort et la conver­sion au judaïsme ou à l'Islam (40).

Dans les autres Etats chrétiens de l'Europe du haut moyen âge, l'Eglise catholique cherche à enrayer l'extension du judaïsme : elle se pré­occupe surtout des Juifs titulaires de fonctions publiques qui pourraient exercer des pressions pour obtenir la conversion de chrétiens à la religion juive. C'est pourquoi le 5e concile de Paris (614 ou 615) impose le baptême aux Juifs qui occupent des fonctions publiques ainsi qu'aux membres de leurs familles. De nombreu­ses lois sont également édictées pour empêcher les Juifs d'amener au judaïsme les esclaves et les serviteurs se trouvant sous leur domination.

(p.29) (…) en dehors de l’Espagne, la cohabitation demeure étroite, durant le haut moyen âge, entre uifs et chrétiens.

Tout change au début du XIe siècle. Des rumeurs concernant la responsabilité des uifs (p.33) dans la destruction de l'Eglise du Saint-Sépulcre à Jérusalem par les Musulmans en 1009 circu­lent en Occident. La persécution éclate en Fran­ce où les autorités civiles et religieuses décident d'expulser les Juifs de leurs cités. A Rouen, Or­léans et Limoges, la foule déchaînée se charge elle-même de faire justice! «Voués à la haine universelle, ils furent donc les uns expulsés, les autres passés au fil de l'épée ou bien noyés dans les fleuves ou tués d'autres manières en­core, sans parler de ceux qui se donnèrent eux-mêmes la mort. Les évêques interdirent aux chrétiens d'entretenir aucun rapport avec eux, sauf s'ils acceptaient le baptême et promettaient de répudier toutes les mœurs et coutumes jui­ves : en effet, beaucoup se convertirent, nous dit Raoul Glaber, mais bien plus par peur de la mort que par l'attrait de la vie éternelle. Car, souvent ils acceptèrent le baptême pour la forme uniquement et retournèrent assez vite, une fois la tourmente passée, à leur ancienne foi (42). » Cette persécution devait connaître d'atroces prolongements en Rhénanie, principa­lement à Mayence.

Dès le milieu du XIe siècle, le concile de Coyaza (1050), dans le diocèse d'Oviedo, inter­dit aux chrétiens d'Espagne d'habiter les mêmes maisons que les Juifs. Cette ségrégation imposée dans les lieux d’habitation est une lointaine préfiguration du ghetto.

(p.34) Les Croisades amenèrent la déterioration progressive de la condition des Juifs. Durant l’été 1096, on massacre des Juifs dans toute l’Europe . Pour eux, le choix est clair : le baptême ou la mort ! Et beaucoup préfèrent la mort ! (…)

Au XIIIe siècle, le Concile de Latran (1215) impose aux Juifs une discrimination vestimentaire par le pot d’un signe distinctif. En France, en Italie et en Espagne, tout Juif est contraint sous peine de fortes amendes ou de châtiments corporels de coudre sur son vêtement la rouelle (marque de forme circulaire et généralement de (p.35) couleur jaune). En Allemagne et en Pologne, tout Juif est contraint de porter un couvre-chef spécial, le chapeau pointu. Dans toute l'Europe, la condition des Juifs devient semblable à celle des serfs. « Les meubles mêmes du Juif sont au baron », dit un adage de l'époque. En 1235, un comte de Bourgogne sur le point de mourir n'hésite pas à distribuer à ses sujets les biens de ses Juifs (45).

La papauté s'efforce de faire respecter la vie et les biens des Juifs. Dans sa bulle du 17 janvier 1208, le pape Innocent III déclare : « Dieu a fait Caïn un errant et un fugitif sur terre, mais l'a marqué, faisant trembler sa tête, afin qu'il ne soit pas tué. Ainsi les Juifs, contre lesquels crie le sang de Jésus-Christ, bien qu'ils ne doivent pas être tués, afin que le peuple chrétien n'oublie pas la loi divine, doivent rester des errants sur terre, jusqu'à ce que leur face soit couverte de honte, et qu'ils cherchent le nom de Jésus-Christ, le Seigneur... (46). »

 

(45)  Cfr  B. BLUMENKRANZ,  op.  cit.,  p.  387.

(46)  (46) MIGNE,   P.L,  215,   1291,     190.  (Traduction  de   L.   POLIAKOV,  op.  cit., t.   I,   p. 262)  -  Cfr aussi   le  préambule qui   précède la  bulle  de  protection Sicut Judeis  du   pape   Innocent   III :   « Bien que l'infidélité  des  Juifs  soit   infiniment  condamnable,   néanmoins, ils   ne   doivent  pas   être   trop   persécutés   par   les   fidèles.   Car   le
psalmiste  a  dit :  Ne  les  tue  pas  de  peur que  mon  peuple  ne l'oublie ;  autrement  dit,   il   ne  faut  pas  détruire   complètement   les Juifs, pour que les Chrétiens ne risquent pas d'oublier la Loi, que
(ces Juifs)   inintelligents   portent   dans   leurs   livres   intelligents... »
Texte cité par L. POLIAKOV, Histoire de l'antisémitisme,  t.  Il,  De Mahomet aux Marranes (Paris, 1966), p. 306.

 

(p.37) En 1320, les paysans du nord de la France — les « Pastoureaux » — partent en « Croisade » dans le sud du pays pour y exterminer les com­munautés juives. Entre 1347 et 1350, on accuse les Juifs d'avoir provoqué la peste noire en empoisonnant les eaux et on les massacre par milliers. En 1394, les Juifs sont définitivement expulsés de France.

L'antisémitisme chrétien se cristallise en Occident à partir de la deuxième moitié du XIVe siècle. La réputation d'usuriers faite aux Juifs accroît encore leur impopularité. Toute la fin du moyen âge est remplie de massacres, de conversions forcées et d'expulsions de Juifs. Parqués dans des ghettos, dont les portes sont fermées le soir à clé, en marge de la société, traités en êtres inférieurs, soumis à la capitation, les Juifs sont persécutés dans toute l'Europe. Comme l'écrit Erasme, au début du XVIe siècle, « s'il est d'un bon chrétien de détester les Juifs, alors nous sommes tous de bons chrétiens » (50). Et Luther, en 1542, en publiant

Contre les Juifs et leurs mensonges, témoigne du même état d'esprit.

A la fin du XIVe siècle, des massacres de Juifs sont perpétrés dans la plupart des villes de l'Espagne. (…)

(p.39) Le préjugé de race et de couleur s'accroît considérablement avec la découverte de l'Amé­rique et celle de la route maritime des Indes par !e Pacifique.

(p.40) Une bulle du pape Nicolas V, en 1455, autorise ‘les Portugais à réduire en esclavage les sarrasins, païens et autres ennemis du christ et au sud des cas Bogador et Nen, y compris les côtes de Guinée, sous réserve bien entendu de convertir les captifs au christianisme. » On voit que le facteur religieux continue à être un des caractères essentiels du racisme européen. « Les Espagnols donnaient pour excuse des mauvais traitements infligés aux originaires d’Amérique et des Antilles le fait que ces derniers n’étaient pas des descendants d’Adam et Eve. »

Espagnols et Portugais exterminaient dès lors sans scrupules les Indiens qui refusaient de se convertir. (…)

 

(p.49) Urbain VIII (P. 1623-1644), un siècle plus tard, s'élève contre les mauvais traitements infligés aux Indiens d'Amérique et condamne à nouveau l'esclavage et le travail forcé.

Alexandre VII (P. 1655-1667), dans son Ins­truction à l'usage des vicaires apostoliques en partance pour les royaumes chinois de Tonkin et de Cochinchine délivrée en 1659, recomman­de aux missionnaires catholiques de se consa­crer à leurs fonctions religieuses et de ne pas s'occuper des affaires politiques et de l'adminis­tration civile. Par ailleurs, le pontife prescrit le respect des usages du pays : « Ne mettez aucun zèle, n'avancez aucun argument pour convain­cre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mœurs, à moins qu'ils ne soient évidemment contraires à la religion et à la morale. (…)

 

(p.56) Comme l’a démontré le professeur Toynbee, les protestants anglo-saxons, qui prennent la tête du mouvement colonisateur à partir du XVIIe siècle et dont la religion est directement inspirée par l’Ancien Testament, s’identifient avec Israël, le ‘peuple élu’, et exterminent impitoyablement les indigènes américains et australiens.

 

(.61) En 1715, Emmanuel Kant, dans son Mémoire sur les différentes races humaines, pense que le mélange des races provoque la diminution graduelle des qualités de l'espèce humaine. Il attaque également le néfaste « esprit judaïque ».

 

(p.64) Voltaire, dans son ‘Traité de métaphysique » (1734) se montre partisan de la supériorité des Européens, « hommes, écrit-il, qui me paraissent supérieurs aux nègres, comme ces nègres le sont aux singes et comme les singes le sont aux huîtres … »

Cet homme, qui n’a pas hésité à prendre des parts dans une entreprise nantaise de traite des Noirs – placement très rémunérateur à l‘époque – dénonce, néanmoins, dans ‘Candide’ (1759), les abus de l’esclavage chez les colons hollandais de Surinam : (…).

(p.66) Voltaire se révèle violemment antisémite dans son ‘Dictionnaire philosophique’. L’article « Juif » est, avec ses trente pages, le plus long du Dictionnaire. « Sa première partie (rédigée vers 1745) s'achève ainsi : ... vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent ; suit la fameuse recommandation qui dans un tel contexte pro­duit l'effet d'une clause de style : // ne faut pourtant pas les brûler (83). »

La correspondance de Voltaire confirme ses positions racistes. Relevons ce passage sugges­tif d'une lettre de Voltaire au chevalier de Lisle datée du 15 décembre 1773 : « ... Mais que ces déprépucés d'Israël, qui vendent de vieilles culottes aux sauvages, se disent de la tribu de Nephtali ou d'Issachar, cela est fort peu impor­tant ; ils n'en sont pas moins les plus grands gueux qui aient jamais souillé la face du globe (84).

 

(83)     Cité  par L.   POLIAKOV,  op.  cit.,  t.   III,  pp.  105-106.

Cité par L. POLIAKOV, op. cit., t.  III, pp. 106-107. - Profi­tons de l'occasion pour rappeler que Voltaire estime que la hiérar­chie des classes sociales est bienfaisante et qu'il faut se garder de développer l'enseignement des  classes  populaires :  « Il  me  paraît essentiel  qu'il  y ait des gueux  ignorants...  Ce  n'est  pas le ma­nœuvre qu'il  faut  instruire,   c'est  le  bon  bourgeois,   c'est   l'habi­tant des villes... Quand  la  populace  se  mêle de  raisonner,  tout est perdu... Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu'il   soit   instruit. »   (Lettre   de   Voltaire  à   Damilaville  datée   du 1er  avril 1766).

 

(p.75) L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert revendique l’égalité de tous les hommes, l’abolition de l’esclavage, de la tyrannie arbitraire du pouvoir judiciaire et de toute forme de contrainte. Il faut toutefois remarquer que ces revendications s’identifient avec les intérêts de la bourgeoisie. D’où leur caractère limité et parfois contradictoire. (…)

Ainsi, certains des leurs 200 collaborateurs ne professent pas toujours l’esprit de tolérance de Diderot et conservent souvent une attitude raciste envers les Noirs.

 

 

LES DOCTRINAIRES DU RACISME

 

(p.96)  Le philosophe J.G. Fichte glorifie la race germanique, quintessence de la race blanche :; en estimant que saint Jean doute des origines juives de jésus, il crée le mythe d’un « Christ aryen ».

Le grand philosophe allemand, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, considère les races de couleur comme inférieures et non évolutives ; il prône la supériorité des Germains sur les Slaves et les Latins ; (…). Il attaque les Juifs avec férocité : (…).

Vers 1845, Christian Lassen oppose les Aryens spérieurs aux sémites ingférieurs. « L’ethnocentrisme européen (p.97) qui dès le Siècle des des lumières avait faussé l'anthropologie naissante, s'exalte prodigieuse­ment à l'ère du romantisme et des nationalis­mes : il oriente la pensée des savants, et pré­side à la gestation de leurs hypothèses et de leurs classifications. C'est dans cette ambiance que s'élabore une tri-partition mystique : l'Aryen, ou le vrai homme, se définit aussi bien par rap­port au frère Sem, le Juif mi-homme, mi-démon, que par rapport au frère Cham, le Noir mi-bête, mi-homme (2). »

Le culte de la race germanique fait égale­ment son apparition en Allemagne au début du XIXe siècle. Ernst Moritz Arndt célèbre la race germanique — peuple élu de la Nouvelle Allian­ce — et la met en garde contre le mélange des sangs. Friedrich Ludwig Jahn se fait également le chantre du culte de la race germanique.

En 1850, Robert Knox, docteur en médecine, publie à Londres The Races of Men. Il estime que la race, c'est-à-dire la descendance héré­ditaire, marque l'homme. « Que la race décide de tout dans les affaires humaines, déclare-t-il, est simplement un fait, le fait le plus remarqua­ble, le plus général, que la philosophie ait jamais annoncé. La race est tout : la littérature, la

(2) L. POLIAKOV, Histoire de l'antisémitisme, t.  III, ftp. 330-331.

 

(p.105) En France, Pierre-Joseph Proudhon, dans Césarisme et christianisme, attaque les Juifs avec violence : « Le Juif est par tempérament antiproducteur, ni agriculteur, ni industriel, pas même vraiment commerçant. C'est un entre­metteur, toujours frauduleux et parasite, qui opère, en affaires comme en philosophie, par la fabrication, la contrefaçon, le maquignonnage. Il ne sait que la hausse et la baisse, les risques de transport, les incertitudes de la récolte, les hasards de l'offre et la demande. (…)

 

(p.106) Karl Marx, dans ‘La question juive’, cherche à cerner le fond profane du judaïsme : « (…) Le Juif s’est émancipé à a manière juive, non seulement en se rendant maître du marché financier, mais pare que, grâce à lui et par lui, l’agent est devenu une puissance mondiale, (…). »

(p.108) Richard Wagner oriente le racisme aryen vers le nationalisme. Son antisémitisme devient délirant : « Je tiens la race juive, (…) pour l’ennemi né de l’humanité et de tout ce qui est noble ; (…) ».

 

(p.109) Frédéric Nietzsche prône la volonté de puis­sance qui aboutira au mythe du surhomme ! Déjà Guillaume II, désireux de mettre la main sur les marchés d'Extrême-Orient, lance le mythe du « péril jaune ».

En France, les colonialistes proclament ou­vertement leur mépris à l'égard des peuples de ' couleur. « Je vous défie, dit Jules Ferry à la tribune de la Chambre en 1885, de soutenir jusqu'au bout votre thèse qui repose sur l'éga­lité, la liberté, l'indépendance des races infé­rieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (17). »

(p.180) La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée en 1948 par l'Assemblée Gé­nérale des Nations Unies, stipule que « chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamées dans la présente décla­ration sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de reli­gion, d'opinion politique ou de toute autre opi­nion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».

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History of anti-Semitism: Hannah Arendt

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History of anti-Semitism: Hannah Arendt, ...

Hannah Arendt, Sur l’antisémitisme, Calmann-Lévy, 1973

 

“(...) l’histoire elle-même est détruite, et sa compréhension - fondée sur le fait qu’elle est l’oeuvre des hommes et peut être comprise par eux - est menacée, si les faits ne sont plus regardés comme des composants du monde passé et présent, mais sont utilisés à tort comme modes de preuve de telle ou telle opinion.” (p.36)

 

(p.63) “Diderot, le seul des philosophes français qui ne fut pas hostile aux Juifs (...)”

 

(p.101) Le meilleur terrain d’étude de l’antisémitisme en tant que mouvement politique, au 19e siècle, est la France, où, pendant près de dix ans, il domina la scène politique.”

 

(p.110) “L’antisémitisme français, en outre, est plus ancien que ses homologues européens, de même que l’émancipation des Juifs remonte en France à la fin du 18e siècle.  Les hommes des Lumières qui préparèrent la Révolution française méprisaient tout naturellement les Juifs: ils voyaient en eux les survivants du Moyen Age, les odieux agents financiers de l’aristocratie.”

 

(p.111) “Les cléricaux se trouvant dans le camp antisémite, les socialistes français se déclarèrent finalement contre la propagande antisémite au moment de l’affaire Dreyfus.  Jusque là, les mouvements de gauche français du 19e siècle avaient été ouvertement antisémites.  Ils ne faisaient que suivre en cela la tradition des philosophes du 18e siècle, à l’origine du libéralisme et du radicalisme français, et ils considéraient leur attitude à l’égard des Juifs comme partie intégrante de leur anticléricalisme.”

 

(p.240) L’antisémitisme avait certainement gagné du terrain pendant les trois années qui suivirent l’arrestation de Dreyfus.  “La presse antisémite avait atteint un tirage comparable à celui des grands journaux (...).”

Zola publie alors J’accuse et Clémenceau des articles dans L’Aurore.

Le tribunal de Rennes ouvre la kyrielle de procès en chaîne.

La populace entre alors en action. (p.241) “Le cri de “Mort aux Juifs” se propagea dans le pays tout entier.  A Lyon, à Rennes, à nantes, à Tours, à Bordeaux, à Clermont-Ferrand, à Marseille, partout, en fait, des émeutes antisémites éclatèrent, (...).”

 

(p.243) Max Régis, l’instigateur du pogrome d’Alger, s’était fait acclamer à Paris dans sa jeunesse par la racaille qu’il invitait à “arroser l’arbre de la liberté avec le sang des Juifs”.  Espérant arriver au pouvoir par la voie légale et parlementaire, il se fit élire maire d’Alger et se servit de ce poste pour déclencher les “pogromes au cours desquels plusieurs Juifs furent tués, des femmes attaquées et des magasins juifs pillés.”

 

Marie-Rose Bonte (BXL), Afghanistan / Quand l’histoire se répète, LB 11/06/2001

 

Au 7e siècle, le Calife Omar imposait aux juifs et aux chrétiens le port de ceintures de couleur spécifique.

 

Niewöhner Friedich, Erst kam der Pogrom, dann die Pest, FAZ 05/01/2004

 

Alfred Haverkamp hat die Geschichte der Juden im Mittelalter kartographiert.

„Als Zäsur jedes Artikels kann die Zeit von 1348 bis 1350 angesehen werden, der Judenverfolgung zur Zeit der grossen europäischen Pest. In dieser Zeit sind nach groben Schätzungen etwa zwei Drittel der Juden im Untersuchungsraum durch Pogrome und Pestpandemie umgekommen. Zwischen 1348 und 1350 geschah die grösste Judenverfolgung und Mordaktion gegen die Juden in der Geschichte der Juden vor der Schoa.“

 

 

 

Braet Jan, Kroniek van de eigen ondergang, Knack 17/10/2007, p.124-128

 

(p.125) Saul FRIEDLÄNDER: in een antisemitisch artikel uit 1942 nam de Franstalige Belg en literaire criticus Paul de Man hem op in zijn lijst van grote Europeeërs — uitsluitend niet-Joden, omdat de Joden de cultuur zogenaamd naar de bliksem hadden geholpen. Wist de neef van Hendrik de Man niet dat Kaf­ka Jood was? Noemde hij hem met opzet, als om te zeggen: neemt u mij vooral niet. ernstig? Overigens ontdekte men pas na de dood van Paul de Man dat hij tijdens de oorlog talloze antisemitische artikelen had geschreven, voor Le Soir en voor Vlaamse publicaties.

 

(p.125) FRIEDLÄNDER: De bastaarden van negers en Duitse vrouwen. De negers behoorden tot het Franse Leger dat enkele jaren in het Rijnland verbleef in het kader van het Verdrag van Versailles. Zeshonderd zogenaamde 'Rijnbastaarden' kwamen eruit voort. De Gestapo spoorde ze allemaal op en liet hen steriliseren. Dat was niet zo gemakkelijk, gewone Duitse artsen bedankten voor de eer. SS-artsen werden aangezocht om de sterilisatie uit te voeren. Wat er verder met die mensen gebeurd is, weet ik niet, zeer goed mogelijk dat ze dood waren. Ja, en dat was uiteraard de tijd waarin vooral in het zuiden van de VS nog een vrij sterke segregatie plaatsvond, hoewel allen in théorie dezelfde rechten hadden.

 

Behandelde men de Joden in de VS toen als de negers, of ging het om zuiver anti­semitisme?

FRIEDLÄNDER: Antisemitisme. Dat was sterk in Amerika, maar nooit zo sterk als in Europa, laat staan in Duitsland. Er zaten Joden in het Hooggerechtshof, president Roosevelt had Joodse adviseurs, Henry Morgenthau was minister van Financiën. Maar er was wel degelijk een antisemitische golf. De katholieke invloed...

 

Geloofsredenen?

 

friedlÄnder: Geloofsredenen en so­ciale redenen. Beide.

In de 16e eeuw sprak Luther zich al uit 'tegen de Joden en hun leugens'.

FRIEDLÄNDER: Dat is fundamenteel voor de protestantse Kerk. Maar het christelijke antisémitisme gaat nog dieper terug tot de kerkvaders, Chrisostomos, Augustinus ook. We weten haast allés over het christe­lijke antisémitisme, hoe het door de eeuwen heen telkens aanzwelt en weer afneemt. Aïs tienjarig kind belandde ik in een katholiek internaat, van 1942 tot het einde van de oorlog...

 

»  ... In Frankrijk, waar u vanuit Praag met uw ouders heen gevlucht was?

FRIEDLÄNDER: Precies. En ik herinner me de gebeden op Goede Vrijdag: 'Prions pour les juifs perfides' (Laten wij bidden voor de trouweloze Joden). In mijn kleine internaat heerste een vrij sterk antisémi­tisme, niet alleen in de gebeden maar ook in de gewone gesprekken. Zowat overal in Europa werden tijdens de oorlog de Joden opgespoord, tot in Rome.

FRIEDLÄNDER: Tot onder het eigen venster van de paus.

 

Pius XII bleef hardnekkig zwijgen. Waarom?

FRIEDLÄNDER: Antibolsjewisme, naar mijn mening. Eugenio Pacelli was zijn hele leven een diplomaat. Lange tijd was hij nuntius in Duitsland — eerst in Beieren en dan in Berlijn. En hij wilde geen confrontatie met Hitler. Niet omdat hij het naziregime genegen was, in geen geval. Alleen wou hij verhinderen dat de katholieke Kerk in Duits­land door Hitler helemaal kapotgemaakt werd. Toen de oorlog begon, had hij een politiek wereldbeeld waarin de christelijke staten van het Westen, Engeland — Frank­rijk stond al onder Duitse bezetting — en Amerika vrede sluiten met een niet-nazi-Duitsland. Tegen de Sovjet-Unie en het bolsjewisme. En toen na de slag om Stalingrad het bolsjewisme in zijn ogen almaar gevaarlijker oprukte naar Europa, was hij bang om iets te doen wat Duitsland kon verzwakken.

Als de paus een zuiver politieke figuur zou zijn, zou je kunnen zeggen dat de Joden-vraag voor hem van ondergeschikt belang is. Maar als de paus zichzelf ziet als een spirituele figuur, als de plaatsvervanger van Christus op deze wereld, dan is zijn besluit om te zwijgen in moreel opzicht hoogst problematisch. Men moet voor zichzelf uitmaken hoe men hem bekijkt.

 

De druk binnen de Kerk om hem te doen spreken, ging slechts van individuen uit. Welke internationale organisatie nam het lot van de Joden wel ter harte? Het Rode Kruis?

FRIEDLÄNDER: Het Rode'Kruis is een verschrikkelijk voorbeeld. Hun delegatie kwam pas kijken naar een concentratiekamp (Theresienstadt, door de nazi's als modelkamp gecamoufleerd, nvdr) toen de oorlog bijna afgelopen was, toen de meesten al dood waren, en Duitsland bijna kapot was. Het comité international de la croix rouge in Genève was zelfstandig maar werd gecontroleerd door de Zwitserse regering. Nu grendelden de Zwitsers zelf hun grenzen af om de Duitsers niet te provoceren.

 

Voor de nazi's rond 1942 tot de uitroeiing besloten, hadden ze alles gezet op de emigratie van de Joden. Waarom wilden zo weinig westerse landen hen ontvangen?

FRIEDLÄNDER: De Zwitsers argumenteerden dat ze bang waren voor Uberfremdung (overheersing door vreemde invloed). Zelfs Joden die slechts een paar weken in Zwitserland wilden verblijven om van daar verder te reizen, konden dat niet. Maar de Zwitsers waren niet de enigen. Geen enkel land dat deelnam aan de conferentie van Evian, in 1938 samengeroepen door Roosevelt, wilde Joden aannemen. Kleine groepjes konden naar hier en naar daar, naar Zuid-Amerika bij voorbeeld.

 

Het christelijke antisemitisme gaat terug tot de kerkvaders, tot Chrisostomos en Augustinus.

 

(p.128) FRIEDLÄNDER:

De 15-jarige Moshe Flinker en zijn ouders zijn vermoord – aangegeven door een Joodse verklikker van de Gestapo.

 

Am Rande, in : Geschichte, 1, 2004, S.30-31

 

Eine weitere im gesellschaftlichen Aus stehende Gruppe sind die Juden. Die Mitglieder dieser Religionsgemeinschaft finden sich zwar in allen Gesellschaftsschichten, aber sie spüren im Zweiten Kaiserreich bereits jenen kalten Wind der Ablehnung, der sich dann nach 1933 in einen Sturm des Hasses verwandeln wird.

Einer der wildesten antisemitischen Agitatoren ist ein Vertrauter des jungen Kaisers, dessen Predigten gegen die Juden zu Tausenden in ganz Deutschland verteilt werden : der Hofprediger Adolf Stoecker. Für ihn sind die Juden « ein Volk des Mammons, in die Welt zerstreut, von Gott entfremdet... und zu einem Werkzeug des Welt- u nd Geldverkehrs

entartet ». Nach Stoecker arbeiten sie an der Zerstörung der Kirche, wiegeln die

Arbeitermassen auf und versuchen, die Deutschen zu beherrschen. 1883 schon erklärt der Prediger: « Das aber glaube ich, dass die Existenz von einer halben Million Juden, welche den Kapitalismus in seiner schneidendsten Gestalt auf die Spitze treiben, der ständig kreissende

Mutterschoss ist für die Unzufriedenheit, für die gärenden Mächte, welche aus den unteren Volksklassen zum Licht empordrängen. » (…)

Die tief verwurzelten Feindbilder der wilhelminischen Epoche gegenüber Juden und Sozialisten überlebten den Kollaps des Regimes am Ende des Ersten Weltkriegs. Sie bildeten den unheilvollen Nährboden für politische Wahnvorstellungen wie die " Dolchstoss1egende " oder die "jüdische Weltverschwörung", die den Aufstieg Hitlers begünstigten.

 

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History of anti-Semitism

Die Ur-Katastrophe des 20. Jahrhunderts, in: Spiegel Special, 1, 2004

 

Jahr Christopher, Sündenböcke der Niederlage, S.88-89

 

Als Deutschland 1914 in den Krieg die Juden die gleiche aus Entschlossenheit und  Unsicherheit, aus Kriegsbegeisterung und Friedenssehnsucht wie ihre nicht-jüdischen Mitbürger. So demonstrierten auch sie die für jene Tage typische Kampfbereitschaft.

"Glaubensgenossen! Wir rufen Euch auf, über das Maß der Pflicht hinaus Eure

Kräfte dem Vaterland zu widmen!", gab der "Centralverein deutscher Staatsbürger jüdischen Glaubens" den ausrückenden Soldaten mit auf den Weg.

Kaum eine Bevölkerungsgruppe in Deutschland hat das Versprechen Wilhelms 11., "keine Parteien mehr" zu kennen, häufiger beschworen als die Juden. Denn obwohl sie seit über vier Jahrzehnten gleichberechtigte Staatsbürger gewesen waren, blieben Vorurteile und Abneigung, von skrupellosen Agitatoren geschürt, in der Gesellschaft gegenwärtig. Nun aber schien das alles vergessen. Die antisemitische Hetzpresse schwieg, und erstmals seit Jahrzehnten wurden sogar wieder Juden zu preußischen Offizieren befördert.

Die Hoffnung, sich durch demonstrativen Patriotismus aus ihrer Außenseiterrolle befreien zu können, teilten die deutschen Juden mit den Sozialdemokraten. Und so war es der jüdische SPD-Reichstagsabgeordnete Ludwig Frank, der als Kriegsfreiwilliger bereits am 3. September

1914 fiel - als einziges Mitglied dieses an Stammtischpatrioten reichen Parlaments.

Und noch eines verband beide: ihre von der Reichsregierung geschickt ausgenutzte Abneigung gegen das zaristische Russland, die Heimat der Pogrome und der Unterdrückung, den Inbegriff der Rückständigkeit. Die zionistische "Jüdische Rundschau" etwa schrieb, "dass der Sieg des Moskowitertums jüdische und zionistische Hoffnungen ... vernichtet ... Denn

auf deutscher Seite ist Fortschritt, Freiheit und Kultur".

Ungeachtet solch patriotischer Töne brachen jedoch die Antisemiten den emphatisch verkündeten "Burgfrieden" sehr schnell. Houston Stewart Chamberlain etwa, Schwiegersohn Richard Wagners und antisemitischer Theoretiker, zeigte sich im September 1914 reumütig, weil die Juden "ihre Pflicht vor dem Feinde und daheim" getan hatten. Doch bald schon hatte er zu seinem alten Hass gegen das "Teufelsgezücht" zurückgefunden. Ähnlich hielt es der Leipziger Antisemit Theodor Fritsch, dessen "Reichshammerbund" bereits seit Ende August 1914 wieder "Belastungs- material" gegen die Juden sammelte.

 

Die schlimmsten Auswüchse antisemitischer Propaganda wurden jedoch von der Militärzensur unterdrückt, so dass die Judenfeinde zum Mittel der Denunziation griffen. Ihre erste Kampagne richtete sich gegen die angeblich "wie ein Heuschreckenschwarm über das Deutsche Reich" herfallenden Juden aus dem deutsch besetzten Osteuropa.

Etwa 50 000 ostjüdische Arbeiter lebten bereits vor dem Krieg in Deutschland, nach 1914 kamen rund 30 000 hinzu, die Hälfte davon als Zwangsarbeiter. Sie waren für die Kriegswirtschaft ebenso unverzichtbar wie der Chemiker Fritz Haber, der Reeder Albert Ballin oder der Großindustrielle und spätere Reichsaußenminister Walther Rathenau. Haber war der Initiator und Organisator des Giftgaskrieges auf deutscher Seite, Ballin organisier-

te im Herbst 1914 die deutsche Getreideversorgung. Doch es war vor allem Rathenau, der die deutsche Kriegswirtschaft 1914/15 als erster Leiter der auf seinen Vorschlag hin gegründeten Kriegsrohstoffabteilung im Preußischen Kriegsministerium prägte.

Juden in einigen leitenden Positionen der von Mangel und Verteilungskämpfen geprägten Kriegswirtschaft, in der viele Menschen um ihr täglich Brot kämpfen mussten - das war ein gefundenes Fressen für die Antisemiten, die das alte Klischee vom "jüdischen Wucherer"

begierig aufwärmten. Auch im Heer wuchs bald wieder der Antisemitismus.

Desillusioniert vertraute etwa im September 1916 der Vize-Feldwebel Julius Marx seinem

Tagebuch an: "Ich möchte hier nichts sein als ein deutscher Soldat - aber man sorgt nach - gerade dafür, dass ich ders weiß." Schlimmer als der Vorwurf der „Kriegsgewinnlerei“ war in diesem menschenverschlingenden Krieg die heimtückische Behauptung, viele Juden entzögen sich dem Frontdienst.

 

Seit Ende 1915 schwemmten die Antisemiten das Preußische Kriegsministerium mit anonymen Eingaben. Am 11. Oktober 1916 ordnete der Preußische Kriegsminister Wild von Hohenborn schließlich unter dem aktenstaubtrockenen Titel "Nachweisung der beim Heere befindlichen wehrpflichtigen Juden" eine von den Zeitgenossen schlicht "Judenzählung" genannte Statistik an. Zwar lautete deren offizielle Begründung, man wolle den Vorwurf der "Drückebergerei" lediglich nachprüfen, um ihm "gegebenenfalls entgegentreten zu können". Doch alle gegenteiligen. Beteuerungen halfen nichts: Mit diesem Erlass übernahm das Ministerium antisemitische Stereotypen. Die Ergebnisse der "Judenzählung" wurden nie veröffentlicht, worin die Antisemiten eine Bestätigung ihrer Vorwürfe erblickten. Nach Kriegsende wurden dem radikalvölkischen Autor Alfred Roth die amtlichen Quellen zugespielt, aus denen er den angeblichen Beweis für die Wahrheit jenes Spruches erbrachte, der 1918 an der Front kursierte: "Überall grinst ihr Gesicht, nur im Schützengraben nicht!" Der Soziologe und Nationalökonom Franz Oppenheimer und andere entlarvten die Taschenspielertricks, mit denen Roth und Konsorten die an sich schon fragwürdige Statistik weiter verfälscht hatten. Seriöse Hochrechnungen zeigten, dass unter rund 550 000 deutschen Staatsbürgern jüdischer Religionszugehörigkeit knapp l00 000 Kriegsteilnehmer waren, von denen 77 Prozent an der Front standen. Allein die Zahl von 30000 Kriegsauszeichnungen und l2 000 Gefallenen beweist ihre Opferbereitschaft. Nach l933 wurden die "Frontkämpfer" daher zunächst noch von einigen antijüdischen Maßnahmen des Nazi-Regimes ausgenommen, doch spätestens l935 war es auch damit vorbei. Kein im Weltkrieg erworbenes Eisernes Kreuz schützte sie später vor der Deportation in den Tod.

Die "Judenzählung" kann nicht allein durch den Antisemitismus erklärt werden. Sie stand vielmehr im Zusammenhang mit der Ausbildung der "verdeckten Militärdiktatur" unter Generalstabschef Paul von Hindenburg und seinem Adlatus Erich Ludendorff, der totalen Mobilmachung aller menschlichen und industriellen Ressourcen sowie der aggressiven Agitation gegen den Reichskanzler Theobald von Bethmann Hollweg. Der war gewiss kein Liberaler oder gar Demokrat. Aber er war doch Realist genug, um zu erkennen, dass innenpolitische Reformen notwendig waren und der Krieg notfalls auch ohne militärischen Sieg beendet werden musste.

Das genügte, um ihn als "Flaumacher" zu diffamieren und das Schreckbild einer Regierung unter "alljüdischer" Leitung zu malen. Angesichts der Niederlage rief Heinrich Claß, Führer des antisemitischen und ultranationalistischen "Alldeutschen Verbandes", im Oktober l9l8 dazu auf, die katastr0phale Lage Deutschlands "zu Fanfaren gegen das Judentum und die

Juden als Blitzableiter" zu benutzen. Die "Dolchstoßlegende" war geboren, der zufolge Deutschland nicht militärischer Überlegenheit, sondern einer internationalen Verschwörung von Sozialisten, Pazifisten und Juden erlegen war, obwohl beispielsweise Walther Rathenau bis zuletzt zum "Durchhalten" aufrief.

Seit der Oktoberrevolution in Russland gewann auch die Behauptung der Identität von Revolution und Judentum durch den Hinweis auf führende Revolutionäre jüdischer Herkunft wie Leo Trotzki eine scheinbare Plausibilität im verunsicherten Bürgertum. l94l diente der "Kampf gegen den jüdischen Bolschewismus" als Propagandafanfare für den Überfall auf

die Sowjetunion und half, Hemmungen vor dem systematischen Judenmord abzubauen. Die Hohmann-Affäre hat gezeigt, dass die Gleichsetzung der Juden mit den Verbrechen des Bolschewismus bis heute herumgeistert.

So kamen im Krieg all jene Zutaten zusammen, aus denen die Antisemiten nach l9l8 einen neuen Giftcocktail mischten. Das uralte Motiv des "jüdischen Schmarotzers" erstand in Gestalt des "Kriegsgewinnlers" neu. Der vermeintlich "zersetzende" , liberalindividualistische Jude des l9. Jahrhunderts wandelte sich in den "bolschewistischen Revolutionär". Und einmal mehr galten die Juden als national illoyale, "wurzellose Kosmopoliten" . Die deutsch-nationalen Kräfte verhöhnten die erste deutsche Demokratie daher als angeblich "undeutsch" und als "Judenrepublik" .

Viele Deutsche akzeptierten diesen Wahn als Realität. Der Schriftsteller Jakob Wassermann schrieb l92l verbittert über seine Mitbürger: "Es ist vergeblich, in das tobsüchtige Geschrei Worte der vernunft zu wefen...  Es ist vergeblich, für sie zu leben und für sie azu sterben.

Sie sagen: Er ist ein Jude."

Der Patriotismus und die Opferbereitschaft der deutschen Juden wurden im Ersten Weltkrieg bitter verhöhnt. Doch staatlicher Diskriminierung hatten andere Bevölkerungsgruppen womöglich noch mehr gelitten, vor allem die nationalen Minderheiten im polnisch geprägten Osten Preußens, in Elsass-Lothringen sowie in Nordschleswig. Und Opfer eines Völkermords in diesem Krieg wurden nicht die Juden, sondern die Armenier im Osmanischen Reich. Dieser

nach wie vor von der Türkei geleugnete Genozid erscheint heute als ein Probelauf zu der noch größeren Katastrophe, die einen Weltkrieg später über die europäischen Juden hereinbrach. Die zwischen l9l4 und l9l8 erbrachten Opfer waren umsonst gewesen.

 

CHRISTOPH JAHR

 

Christoph Jahr ist wissenschaftlicher Assistent an der Humboldt- Universität zu Berlin.

 

 

in : Delta 8 / okt. 2007, p.22

 

* Men kan verkeeren..., Brederode wist het al

'Iedereen die W.O.2 meegemaakt heeft, weet nog dat Groot-Brittannië en nazi-Duitsland vijanden waren. Terecht zouden wij zeggen, geen haar op ons hoofd dat er aan denkt dit 'Rijk van de Antichrist' (Egon Friedell) te verdedigen. Maar valt mij daar toch niet toevallig een oud nummer van The Saturday Review uit de jaren dertig van vorige eeuw in handen! En wat zie ik op de voorpagina? Een vet opgemaakte kop met, jawel u leest goed..., "Heil Hitler"! Ach, beste lezer, in die jaren kon men ook in The Times en de Daily Mail artikels lezen die overliepen van sympathie voor de Duitse dictator. Trouwens aïs hij dan al een afkeer had van nazi-Duitsland, dit belette de Britse beau monde niet om zijn vakantie door te brengen in de Beierse Alpen. En dit niet alleen toen de Führer aller Germanen pas aan de macht gekomen was, neen, tot en met de winter van 1938-1939, toen de oorlog voor de deur stond. Chamberlain vond Hitler trouwens best iemand waar mee te praten viel en de oppositie tegen hem leek hem méér dan verdacht toe. In Engeland waren Churchill en Lord Baldwin nagenoeg de enige politicus die er een andere mening op na hield. En in Frankrijk was het nauwelijks beter. Nog in de late jaren dertig gingen Franse oud-strijders op vriendschappelijk bezoek in Duitsland en de Franse auteur Jean Giraudoux, die een hoge functie had aan het ministerie van Buitenlandse Zaken, en die bijgevolg inzage had in uiterst vertrouwelijke rapporten, wist in 1939, nauwelijks enkele maanden voor de oorlog uitbrak, nog te vertellen dat de Joden in zijn land niets te vrezen hadden "omdat Duitsland Frankrijk toch nooit zou binnen vallen". Tot de val dichtklapte natuurlijk.

 

*  Kirchliche Druckerlaubnis. Niet alleen in Engeland waren er die zich op het fenomeen Hitler verkeken. Voor ons ligt een klein boekje "Der Fahnenschwinger", geschreven door een zekere Marga Müller en in 1935 uitgegeven bij Verlag Ars Sacra in München, dus na de machtsovername.  De inhoud en vooral de illustraties liegen er niet om. Anti-nazi kan met dit geschrift, dat duidelijk tot een katholiek publiek gericht is (Ars Sacra !), bezwaarlijk noemen . De bisschop van München heeft er trouwens uitdrukkelijk zijn toestemming toe gegeven: Kirchliche Druckerlaubnis!             

  

Juristen als NS-Helfer, Focus, 44/2001, S. 12

 

Der Titel garantiert Zündstoff: "Berliner Rechtsanwälte während des Nationalsozialismus" heißt die 500-Seiten-Studie, die der Berliner Anwaltsverein in dieser Woche veröffentlicht. Sie beleuchtet erstmals die aktive Rolle der Juristen bei der Verfolgung jüdischer Kollegen, Die " große Mehrheit der Anwaltschaft hat damals versagt", so der Vorsitzende des Berliner Anwaltsvereins, Uwe Kärgel, zu FOCUS. Statt ihre jüdischen Kollegen vor dem Terror zu schützen, hätten " viele aus Hass und Konkurrenzneid daran mitgewirkt " .

Verfolgt und vertrieben:54 Prozent der 1933 in der Hauptstadt zugelassenen 3400 Anwälte waren Juden, Sie wurden aus den Gerichten geprügelt, mit Berufsverboten belegt, in die Emigration getrieben oder ermordet. Kärgel: "Ich befürchte, dass nicht wenige Berliner Kanzleien Wurzeln in Sozietäten haben, die damals nicht gerade Vorbilder waren."

 

 

Kraus Albert H.V., 1938 begann die Terrorisierung der Juden, in: LW 08/11/2008

 

Gewalt, Spott und Hohn

 

 

Lagnado Alice, Polish historians tell how locals massacred Jews, The Times 04/11/2002

 

Thousands of jews were killed by Poles in about 30 organised massacres during the Nazi offensive of 1941.

The evidence will shock the country, where the Communist authorities had covered up the Polish role in the massacres.

 

 

POLOGNE / Wisniewska Irena, Un village déchire la conscience polonaise, LS 23/03/2001

 

« Sasiedzi », « Les voisins », le livre de Jan Tomsz Gross, Juif polonais émigré aux Etats-Unis après la vague antisémite de 1968. Il raconte l’histoire d’un pogrom à Jewadne, une localité du nord-est du pays. Nous sommes en juin 1941. Le village, incorporé deux ans plus tôt à l’URSS, est reconquis par les Allemands. Après deux semaines, ayant reçu carte blanche de l’occupant, les villageois entreprennent d’exterminer les Juifs. D’abord, c’est la chasse à l’homme : les victimes périssent lapidées, noyées ou frappées à mort avec des bâtons. Le 10 juillet, 1.500 personnes sont traînées de force dans une grande et brûlées vives.

La presse nationaliste de droite a déjà prononcé son verdict : « fantasmagories » et « mensonges ».

 

 

Raul Hilberg, Sur la catastrophe juive et le nazisme, propos recueillis par Michel Grodent, LS, 04/03/1994

 

Sur la participation des intellectuels au génocide.

“Le parti nazi compta une foule d’ intellectuels dont certains occupaient le sommet de la hiérarchie.  Ce sont les médecins, défenseurs de l’euthanasie, et les juristes, habiles à donner aux mesures les plus folles une apparence de l’égalité, qui ont le plus gravement cautionné le régime.”

 

ZDF - 13/04/2004

 

Ärzte unterm Hakenkreuz

Während des Hitler-Regimes dienten viele Ärzte nicht mehr dem Menschen, sondern nationalsozialistischen ‘Idealen’.

Was trieb sie an ?

« Rassenwahn »

Mit grausamen Menschenversuchen, Euthanasie, Zwangssterilisation.

 

 

In : Mathil Pol, La mémoire d’un massacre plutôt que le massacre d’une mémoire, LS 23/03/2001

 

L’antisémitisme n’a pas disparu de Pologne, même après l’Holocauste, au cours duquel sont morts 3 millions de Juifs polonais (c’est-à-dire 90 % d’entre eux). Des rescapés d’Auschwitz et du goulag ont été victimes de pogroms après la guerre, notamment à Kielce et à Cracovie en 1946 ; le reste des Juifs, souvent les plus assimilés, ont vu leur existence brisée en 1968 ; les derniers survivants sont, aujourd’hui encore, attaqués par l’extrême-droite nationaliste et une partie du clergé, une frange certes marginale de la société, mais disposant de moyens de diffusion et d’endoctrinement très puissants.

Plus on parle de la vérité de l’Histoire, plus on a de chances quelle ne se répète pas.

 

 

Von Hölle zu Hölle,  ZDF, 29/06/2005  (D/BY 1996 – Regie Dmitri Astrachan)

 

Der Film beruht auf einer wahren Begebenheit: Am 4. Juli 1946 fiel, ein aufgebrachter Mob – polnische Bewohner der Kleinstadt Kielce – über jüdische Mitbürger her und folterte sie zu Tode. 42 Tote waren zu beklagen. Nach weiteren antisemitischen Pogromen in anderen Städten Polens verliessen weit über 100 000 Juden ihre Heimat.

 

 

 

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(Worms (Germany), a partly preserved Jewish Cemetery)

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2004 - FAZ 05/01 - in the Middle Ages - pogroms

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20:06 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

2009 - FAZ 02/02 - Gustav Stille (19th-20th c.) & the Holocaust / 2001 - AL 12/03 - Semigotha (Weimar / 1912)

 

 

02am2009FAZ0202

 

02an2001AL1203

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